•                        Toile peinte à partir d'une carte postale datant du début du XXème siècle

    La Loire à Saint Sébastien

    Entre ses rives bordées de bouleaux

    De saules et d’aubépine défleurie,

    Elle court, comme prise en un étau,

    Sa fureur vaincue et tout alanguie.

     

    Emprisonnant, mutine, les trois îles,

    Elle glisse, éblouie de lumière,

    Entre les grands roseaux servant d’asile

    Aux hérons cendrés à l’allure altière.

     

    Parfois une poule d’eau sautillante

    Teinte les vaguelettes enflammées

    Par le couchant, de perles scintillantes

    Et distrait cette langueur profanée.

     

    Le vieux pont aux arches séculaires

    Se mire, majestueux, dans cette eau.

    Un souffle s’exhale de ses pierres,

    Des chuchotements courent sur les flots.

     

    Que sont devenues les vieilles gabares,

    Aux voiles lourdes et au passé chargé,

    Le ventre plein de produits du terroir,

    Sentant l’épice et le sel du marais ?

     

    Où s’en sont allés les anciens battoirs

    Et les chants des riantes lavandières,

    Leur linge blanc flottant le long des boires

    Qui longeaient cette Loire millénaire ?

                         Yvette


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  •                                         Petite peinture réalisée sur bois


    Le bois des Gripots

     

     

    Ah ! Qu’il fait bon s’aventurer dans ces sous-bois,

    A l’heure où l’été paresseux est encor roi.

    Marcher sur les sentiers tracés par nos ancêtres,

    Que faut-il de plus pour nourrir notre bien-être ?

     

    S’enivrer, heureux, de l’odeur des baies sauvages

    Des fougères, de la mousse  sous les feuillages.

    Voir se faufiler dans l’herbe le vert lézard,

    Sursauter inquiet à la crainte du renard.

     

    Entendre le doux vent léger  dans la feuillée

    Des  saules, des frênes,  bouleaux et prunelliers,

    Des grands chênes formant une voûte sombre,

    Des taillis touffus et  menaçants dans l’ombre.

     

    Rejoindre la fée Carabosse buissonnière,

    S’étourdir du cri des enfants dans sa clairière.

    Oublier la ville bruyante pourtant proche,

    Marcher, le cœur léger et les mains dans les poches.

     

    Yvette


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  • Les enfoirés 2008 . L'Amitié


    Les couleurs de l’amitié


    L’amitié est à mes yeux un cadeau des cieux.

    Que nous soyons blancs, noirs,  jaunes ou bien cuivrés,

    Que nous  variions  la façon de prier Dieu,

    Aucune raison ne peut tuer l’amitié vraie.

     

    La rose rouge épineuse de mon jardin,

    Bien que symbole de bravoure et de courage

    Cohabite bien avec  le frêle  jasmin,

    A la fine chevelure d’argent volage.

     

    Le bleu du ciel et l’indigo de l’océan

    Fraternisent avec le sable blond des criques

    Aux falaises couvertes  d’arbustes rampants

    D’un exquis camaïeu  jaune-vert  idyllique.

     

    L’homme ne peut-il  prendre exemple sur l’arc-en-ciel

    Qui a  tendu  la main à toutes ces couleurs ?

    Il a su les assembler en un arc pastel,

    Avec harmonie.   Pour notre plus grand bonheur !

     

                                                          Yvette

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  •                                        La pointe de Gouraya (photo envoyée par Samir)

    J’ai écrit ton nom

    J’avais griffonné ton nom sur la terre

    De France, mais la pluie l’a effacé.

     

    J’avais gravé ton nom sur une écorce

    D’arbre mais le lierre l’a dévoré.

     

    J’avais écrit ton nom sur une feuille

    Hélas le vent au loin l’a entraîné.

     

    J’avais camouflé ton nom dans le sable

    Mais la vague folle l’a dévoré.

     

    J’ai cherché ton nom au fond de mon cœur

    Et cher beau pays je t’ai retrouvé.

     

    Yvette


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  • La Grotte de la Vierge
    au Douet à Saint Sébastien sur Loire.
    Une petite toile que j'ai peinte à l'huile



    La grotte de la Vierge

     

    Sous les grands cyprès et saturées de lumière,

    Ses pierres blanches vous invitent à la prière.

    Elles protègent Marie et l’enfant Jésus,

    Témoignant d’un passé loin d’être révolu.

    Vous qui passez là ! Arrêtez-vous un instant,

    Et rêvez en savourant la paix du moment.

     

    Yvette


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  •  




    Le jasmin d’argent et les ajoncs d’or

     

    Ne pas savoir quelle fleur préfère mon cœur,

    Entre le jasmin d’argent et les ajoncs d’or.

    Ne pas savoir à quel ciel aspire mon cœur, 

    Entre le bleu d’azur et le multicolore.

    Ne pas savoir quel toit affectionne mon cœur,

    Entre  ardoise grise et tuiles à reflets d’or. 

    Ne pas savoir, quelle eau salée cherche mon cœur,

    Entre l’océan  et la mer aux vagues d’or.

    Ne pas savoir quel pays  a choisi  mon cœur

    Entre  pays Amazigh et pays d’Arvor.

     

     Hésite et balance toujours mon pauvre cœur

    Entre le jasmin d’argent et les ajoncs d’or.

                                               Yvette


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  •                                                            photo - galets- pierres-France

    Le galet de la plage.

     

    J’ai trouvé dans le fond d’une poche,

    Un galet.

    Un galet plat, lisse, rond.

    Ramassé sans doute sur la route de mon enfance.

    Il dormait bien dans ma poche.

    Il se reposait de ses années de turbulence.

    Mais  il rêvait de ce temps passé

    Sur ses plages, sur ses dunes de coquillages.

    Balloté sans relâche par les courants de l‘oued

    Ou les vagues de la Méditerranée,

    Grondant à cause du roulement.

    Bousculé, maltraité, usé,

    Quand la mer était en colère ;

    Léché, caressé quand elle était calme ;

    Chauffé par le soleil l’été sur la plage.

    Il était lourd de ce passé millénaire.

    Façonné par le temps, minéral éternel,

    Poli par le mouvement perpétuel

    Et souvent désordonné

    De cette eau d’apparence calme

    Mais qui se déchaînait parfois,

    Le rudoyant, le meurtrissant contre les rochers

    Mais aussi le lustrant, le polissant,

    Le rendant si doux, si lisse, si satiné.

    Où sont-ils ces galets de mes jeunes années,

    Petites formes grises, blanches, safranées ou panachées ?

    Les plats qui servaient à faire des ricochets,

    Les ronds et lisses pour jouer à la marelle ?

    Ceux qui nous faisaient trébucher sur la plage,

    Nous réchauffaient et parfois nous brûlaient les pieds ?

    Ils roulaient sous nos pas, toujours ronchonnant,

    Formant avec le bruit du ressac

    Une symphonie terrestre,

    S’enfonçant un peu plus mais renaissant ensuite.

    Galets toujours groupés, en ribambelle

    Semblables mais aussi si différents

     Et  au fond si solitaires.

    On ne les voit pas, on ne les regarde pas.

    Ils nous interpellent pourtant,

    Mais on ne les entend pas.

    J’aimais les toucher, les lisser de mes doigts,

    Les humecter pour leur rendre leur brillant.

    Je ne cherchais pas à connaître leur provenance,

    Mais je leur inventais une  vie.

    Entre l’animal et le végétal,

    Mais en aucun cas le minéral.

    Je les sentais vivre !

    Et en regardant, mon petit galet,  seul, isolé des autres,

    J’ai senti que j’avais un petit morceau d’éternité,

    Au creux de la main.

    Yvette


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  • Prière  d’un têtard ligérien

     

    Sur la grève, elles saignent les grumes étalées,

    Rossées et torturées, carcasses abattues.

    Une sève rougeâtre colore leurs plaies.

    Elles ne luttent plus, ne se débattent plus.

     

    On les appelle trogne ou plus souvent têtard ;

    C’est vrai qu’ils sont très laids, tortueux ou bossus,

    Alors qu’ils sont frênes, saules, peupliers noirs,

    Que l’on émonde sans cesse, les laissant nus.

     

    L’hiver, ils n’ont plus de bras pour stopper le vent,

    Pourtant, sans rancune, ils gardent dans leurs entrailles,

    Des petits êtres, boules de poils doux, vivant

    Serrés à l’abri, mais réchauffant leur poitrail.

     

    Ils vous implorent, ô toi Lune et toi Soleil !

    Ne les laissez pas continuer ce carnage !

    Leurs spectres ventrus, crevés, tendus vers le ciel

    Prient pour faire cesser ce terrible abattage.

     

    Ils sont crucifiés par les prédateurs humains !

    Dieux grecs  ou  bien romains, ou  Saints du paradis,

    Joseph ! Sauvez ces pauvres têtards ligériens !

    Laissez les se mirer encor dans l’eau qui luit.

                                               Béjar / Yvette


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  •    
    Les roses rouges de Gouraya





    Dans mon souvenir mes roses étaient d'un rouge
     un peu plus sombre
    mais aussi veloutées.
    Je n'ai jamais retrouvé une telle couleur.
    Celle-ci provient du jardin de mes voisin Jacqueline et Alain.
    N'est-elle pas sublime ?

    Les roses de Gouraya. 

    Et soudain, ce matin, petit bouton de rose,
    Dans le creux de ma main tremblante, on te dépose,
    Corolle encore fermée, paupières mi-closes.
    Subjuguées, toi et moi, nous sommes en osmose ;
    Disons-le Dame Nature a bien fait les choses.
    Cœur débordant de joie, je me sens virtuose.
    Extase du regard, tu te métamorphoses,
    De la pudique églantine au laurier rose,
    De trémière à l’éblouissant diamant en rose,
    Des vents, de sable ou de Jéricho, tu es rose.
    Tu dors dans ma main et, légère, tu reposes,
    Innocente des doux baisers que je dépose
    Sur ta joue pâle, comme un  pétale de rose.

     

                                                              Béjar / Yvette

     


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  •  


    Les pas enchantés
     

    Un parfum de grève mouillée s’est incrusté

    Dans l’atmosphère de cette fin de journée.

    Les rayons obliques du soleil ont teinté

    Les nuages ouatés de couleur safranée.

     

    Quelques mouettes survolent encore les boires

    Et s’interpellent, rieuses, en tourbillonnant,

    Fuyant le chahut au-dessus d’un boulevard

    Issu d’un chemin aux souvenirs fascinants

     

    Petit sillon creusé par les roues des charrettes,

    Amoureux de la très belle et féconde Loire,

    Aux fortes crues envahissantes et frisquettes,

    L’abandonnant submergé à son désespoir,

     

    Il cahotait, heureux, entre les roselières,

    Longeant des closeries aux toits d’ardoises bleues,

    Aux rampes abruptes et couvertes de lierre

    Et des îles aux pâturages généreux.

     

    Vision fugitive, encor qu’inoubliable,

    Où l’on percevait le bruit des sabots de bois

    Aux empeignes de cuir, sur l’inexorable

    Caillasse recouvrant ce vieux sentier étroit.

     

    Mais l’homme insatiable, voulant tout imposer,

    A eu enfin raison de sa tranquillité

    Et lentement il se vit métamorphosé.

    Pour lui ce fut le temps de la prospérité.

     

    Naguère, il prenait son temps, aujourd’hui il court

    Il est puissant, fier, adulé, resplendissant.

    Il se pare volontiers de nobles atours :

    Graminées volages, iris opalescents,

     

    Saules aux chatons d’argent, frênes frémissants,

    Osiers aux tiges cuivrées, ormes aériens,

    Salicaires aux tons pourpres éblouissants

    Le laissant ravi au crépuscule qui vient. 

     

    Béjar / Yvette


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